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dimanche, 16 juin 2024

Cameroun : Le vain combat du gouvernement dans l’établissement des actes de naissance

Le gouvernement Camerounais n’a jamais cessé d’exprimer sa préoccupation face à la situation des enfants sans actes de naissance dans le pays. Pourtant malgré ces efforts consentis, la situation reste idem et tend même à s’enraciné.

La bataille du Gouvernement Camerounais en vue d’éradiquer le phénomène des enfants sans actes de naissance dans le pays s’apparente à un éternel recommencement. D’après le rapport du Bureau National de l’état civil datant de 2019, il y a de cela 3 ans, 1,6 millions d’élèves inscrits dans les écoles primaires et maternelles du pays sont sans actes de naissance. Selon le chargé de communication de cet organisme public en charge de la gestion de l’état civil au Cameroun : « La région de l’Extrême-Nord est concernée au premier rang par l’ampleur du problème, de par l’importance de sa démographie et du fait des activités terroristes menées par le groupe islamiste Boko Haram. Cette région comptait à elle seule en 2019 plus de 400 000 élèves sans actes de naissance.» Outre les multiples déploiements du Bunec sur le terrain, le Gouvernement Camerounais vient d’allouer par le canal du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, une enveloppe de 88 millions de Fcfa à 6 Communes du pays parmi lesquelles les Communes de Ngan-Ha et Mayo Darlé dans la région de l’Adamaoua qui bénéficient d’une enveloppe de 16 millions de FCFA pour regulariser la situation de 2000 enfants sans actes de naissance ; les Communes de Mbankomo et d’Olanguine dans la région du Centre qui reçoivent respectivement 17 et 10 million  de FCFA pour 3000 enfants. Pour la région de du Nord-Ouest, la Commune de Belo a reçu une enveloppe de 5 millions pour 727 enfants et enfin, la Commune de Doumé dans la région de l’Est qui a reçu 23 millions pour 3000 actes de Naissance. Ces actions, pas des moindres salutaires, ne résolvent qu’une partie du mal sans toutefois l’éradiquer.

D’autres pistes de solution doivent être envisagées

La procédure d’établissement de ces actes de naissance en elle-même reste lourde que ce soit pour les déclarations des naissances dans les délais ou hors délais. Au regard de l’éloignement de certains centres d’état civil cas des villages enclavés des régions de l’extrême-nord et ceux de l’Est  ajouter à ceci, les crises sécuritaires qui sévissent dans les région de l’Extrême-Nord et celles du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, il est parfois difficile de respecter le délai de 90 jours prescrit par les textes de l’état civil. Passé ce délai le parent n’ayant pas pu se présenter devant l’officier d’état civil doit faire face à la peur du tribunal ne comprenant pas les enjeux d’un jugement supplétif qui pour lui s’entend comme un blâme qui lui sera réservé devant la juridiction. Bien plus la procédure d’élaboration d’un acte de naissance hors délai au Cameroun n’est pour les parents qu’une véritable mer à boire. A défaut des campagnes d’élaboration massive des acte de naissance, il s’avère difficile et même pénible pour certain parent de parcourir des dizaines de kilomètres pour se rendre au chef-lieu du département où se trouve la juridiction compétente. Tout ceci fait que certains parents démunis et même ignorants préfèrent garder leur enfant dans cette situation jusqu’à ce qu’ils soient contraints en classe de CM2 au moment où l’enfant doit passer son premier examen à l’école.

Le Gouvernement pourrait ajouter au délai de 90 jours un moratoire raisonnable pourquoi pas jusqu’à un an au regard de certaines pesanteurs. Ou encore accorder une marge de compétences aux Chefs de village afin qu’ils puissent effectuer  certains actes relevant de l’état civil.

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