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mercredi, 12 juin 2024

Emprunt obligataire 2022 : L’incroyable satisfecit des autorités de Yaoundé

Le pays vient de boucler son 6e emprunt obligataire en vue de la réalisation de nombreux chantier infrastructurel du pays alors que les précédents emprunts obligataires engagés pour des chantiers similaires n’ont pas fait l’objet d’une restitution minutieuse.

Le pays attendait 200 milliards de FCFA au cours de ce 6e emprunt obligataire lancé sur le marché de la CEMAC en vue de la réalisation de nombreux chantier de développement en cours dans le pays. Selon un communiqué du Ministre des Finances datant du 27 mai 2022, l’Etat du Cameroun s’est vu proposer une enveloppe de 239 milliards de FCFA soit 39 milliards de plus. Voilà une autre dette que compte contracté l’Etat du Cameroun dans l’optique de réaliser les grands chantiers de développement du pays. La question dont se pose certain critique est celle de savoir à quoi ont réellement servi les précédents emprunts obligataires ?

Questionnement autour du 5e emprunt obligataire

Le 29 octobre 2018, le Cameroun avait lancé son 5e emprunt obligataire en vue d’obtenir la somme de 150 milliards de FCFA dans l’optique de financer 40 projets au total. Il s’agissait de la  construction des infrastructures sportives en prélude à l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2019 prévue au Cameroun. Il avait aussi été question pour l’État, à travers cet emprunt obligataire, d’apporter un appui à des entreprises comme PAMOL, la Société de Développement du Coton (SODECOTON), la SOUTH WEST DEVELOPMENT AUTHORITY (SOWEDA) et la Société d’Expansion et de Modernisation de la Riziculture de YAGOUA (SEMRY).

Parlant de la somme allouée pour la réalisation des infrastructures sportives, aucune traçabilité sur la destination des fonds n’a été établie. Si on peut saluer la qualité de certaines infrastructures à l’instar du stade de Japoma à Douala, on restera cependant muet face aux sommes colossales enterrées pour la construction du stade d’Olembe dont les annexes et autres infrastructures devant faire de cet édifice un complexe sportif restent hors-jeu.

La somme destinée au relèvement de certaines entreprises du pays en difficultés, n’aurait pas porté ses fruits si et seulement si elle était arrivée à bon port. Sinon comment comprendre l’incapacité de ces entreprises à juguler les pénuries et les carences de certains produits de première nécessité sur le marché. La production du riz par la SEMRY reste faibles pour preuve le riz autrefois une denrée accessible à tous est devenu un plat de luxe à cause du coup élevé de son kilogramme (500 frs en moyenne). Les nouvelles venant de la SODECOTON ne font pas écho d’une bonne santé. Sans questionner ou faire une évaluation minutieuse des résultats palpables des sommes allouées pour la réalisation de certains projets de développement du pays, le Cameroun risquera se retrouver dans un « mythe de Sisyphe ».

Encore des projets ciblés dont les résultats sont attendus

Selon des détails relevés dans la note d’information du ministère des Finances, la plus grande partie de cette enveloppe servira à la réalisation des infrastructures routières. Ainsi, l’État du Cameroun entend y injecter un peu plus de 141 milliards de FCFA. Parmi ces projets, on compte, les travaux de la phase 1 de l’autoroute Yaoundé Douala (17 milliards), les travaux de désenclavement du bassin agricole de l’Ouest (8 milliards), le bitumage des routes communales de Meyomessala, le bitumage des routes Mengong-Sangmélima (5 milliards), Foumban-Koupa Matapit (2 milliards), Awae Esse (6 milliards), Ekondo titi Kumba (3 milliards)… Les travaux d’aménagement urbain devraient quant à eux engloutir 19 milliards de FCFA, contre 17,4 milliards de FCFA pour les infrastructures énergétiques et d’adduction d’eau potable. Ici par exemple, on compte parmi les projets éligibles les travaux d’aménagement hydroélectrique de Memve’ele (5 milliards), les travaux de construction de l’usine de pied du Barrage de Lom Pangar (7 milliards), la construction d’une ligne de transport 400 kv Nachtigal- Bafoussam (1 milliard), les travaux de sécurisation foncière des corridors de lignes du projet de Renforcement et stabilisation des réseaux de transport d’électricité de la ville de Yaoundé (2,4 milliards)… Les travaux d’extension du Port en Eau Profonde de Kribi (Phase 2), réalisés sous la coupole du ministère des Travaux, engloutissent quant à eux un peu plus de 15 milliards de FCFA, tandis que 4,5 milliards sera affecté au programme de reconstruction de la Région de l’Extrême-Nord. Bien clairement relevé, seule la réalisation effective permettra de se bomber le torse même si les parole du Ministre des Finances, Louis Paul Motaze face à l’enveloppe collectée ne peuvent passer inaperçues : « Fort de ce résultat satisfaisant, obtenu dans un contexte économique difficile, marqué notamment par l’incertitude des marchés financiers, le relèvement des taux directeurs des banques centrales et le renchérissement du coût de crédits, le Ministre des Finances, exprime sa profonde gratitude à la communauté des investisseurs qui a massivement souscrit à l’emprunt obligataire de l’Etat du Cameroun ainsi qu’aux autres parties prenantes pour leur accompagnement. Cette forte adhésion, s’il en était encore besoin, témoigne de la confiance des investisseurs en la signature du Cameroun, qui honore toujours à bonne date ses engagements financiers.»

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