Les employés du Parc National de matériel civil (Matgénie) sont en grève depuis le 5 juillet 2022 dans les dix (10) régions du pays.

Seize mois (16) d’arriérés de salaire, le reversement complet des cotisations sociales, le paiement des droits des retraités et des décédés, le reversement des cotisations syndicales et la couverture médicale du personnel, sont autant des droits que revendiquent les employés du Matgenie au Cameroun.

La goutte d’eau qui déborde le vase

Il faut souligner qu’aux mois de juin et octobre 2021, les grévistes avaient verbalement suspendu leurs intentions de grève après des promesses faites par le ministère des Travaux publics et la direction de leur entreprise. Il ne fait l’ombre d’aucun doute que le non-respect de ces revendications contenues dans le préavis de grève déposé le 24 juin 2022 auprès de la délégation régionale du ministère du Travail et de la Sécurité Sociale (Mintss) pour le Centre ait constitué l’élément détonateur de cette grève. Les employés de cette structure sont actuellement dans l’incapacité notoire de subvenir aux besoins de leur famille alors qu’ils sortent tous les matins pour se rendre au travail. D’autres n’ont pas pu scolariser leurs enfants ; ils sont expulsés des domiciles pour loyers impayés ou sont décédés faute de moyens pour se soigner ou d’une prise en charge.

Le Chef de l’Etat interpellé

Les grévistes interpellent le chef de l’État pour trouver des solutions à leur situation. Car, cet état des choses est devenu monnaie courante au sein du Matgénie. L’ancien directeur général, Désiré Abogo Ntang, justifiait cette situation par une « incompatibilité » entre les charges salariales, les charges personnelles et le produit de l’entreprise. Le Matgenie n’est plus un établissement public, et il n’est plus éligible aux subventions ; affirmait l’ex-DG, débarqué de son poste et remplacé par Gustave Ebongue le 27 septembre 2021.

Une situation récurrente dans certaines entreprises privées

La situation des employés du secteur privé au Cameroun reste quasi précaire. Entre salaires impayés et la non inscription dans à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS), les travailleurs du secteur privé tirent le diable par la queue. Or ce secteur d’activité est créateur de richesse et génère de la valeur ajoutée. On peut dès lors comprendre pourquoi de nombreux Camerounais se ruent vers la fonction publique au point de débourser des millions de FCFA pour trouver une issue corruptible.

 

Martin Ngane

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