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vendredi, 21 juin 2024

Sommet États-Unis/Afrique : Wagner et la preuve de l’incompétence de l’Union Africaine

Le deuxième sommet États-Unis/Afrique tenue du 13 au 15 Décembre dernier à Washington a dévoilé aux yeux du monde l’incapacité de l’Afrique à gérer les problèmes sur son sol, plus encore il a mis à nue le manque de collaboration voire de franchise entre leaders africains déterminés à se tirer des balles au moment où l’unité des forces est plus qu’essentielle pour sortir l’Afrique de la servitude occidentale. À quoi sert finalement cette Union Africaine (UA) ?

S’il est vrai pour bon nombre d’experts que le sujet relatif à la présence de Wagner en Afrique ne pouvait pas être évité par les leaders africains et Américains au cours de ce deuxième sommet États-Unis Afrique tenu du 13 au 15 Décembre dernier à Washington, doit-on également comprendre que la ” Trahison “ vienne de certains Chefs d’Etats Africains ?

Le sommet a été l’occasion pour certains dirigeants africains de faire part de leurs inquiétudes au sujet de la présence du groupe Wagner sur le continent. Pour le Président ghanéen Nana Akufo-Addo, son voisin le Burkina Faso avait ” conclu un arrangement” avec le groupe para-militaire russe. Il a même précisé que les mercenaires russes seraient proches de la frontière avec le Ghana. Selon le Secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, Wagner et les groupes qui lui sont liés créent ou exploitent l’insécurité, menacent la stabilité, sapent la bonne gouvernance, privent les pays de richesses minérales, violent les droits de l’homme… Il a ajouté que les partenaires africains des États Unis ne souhaitent pas que leurs ressources soient exploitées, que les droits de leurs peuples soient bafoués, qu’ils ne voudraient plus de Wagner.

Anthony Blinken, le porte-parole de l’Afrique ?

La position de Blinken a tout l’air de porte-parole de tout un continent au moment où l’Afrique réclame son autonomie d’expression. Cette posture affichée par le Secrétaire d’Etat américain trahit non seulement le caractère “mou” de nos dirigeants qui, sollicitant l’aide financière de la grande puissance, se résignent à être des ” bénis oui oui “ en vendant leur dignité assez majeure à la puissance américaine. Cette posture trahit également la volonté des États-Unis de plaider mieux de défendre les intérêts de ses alliés que sont les pays occidentaux et plus précisément la France. Bien plus, elle pousse à s’interroger sur la solidité et la crédibilité dont jouit l’instance chargée de la gestion et de la résolution des problèmes des pays africains de l’Union Africaine (UA). Comment comprendre que l’Afrique aille pleurer et afficher une fois de plus son impuissance et sa dépendance devant le secrétaire d’Etat américain. Le Président ghanéen n’a-t-il pas trouvé gain de cause auprès de l’UA ? Une telle attitude ne peut que diviser davantage le continent et créer des tensions entre ces pays frères.

Lors du 35e sommet de l’Union africaine (UA), il a fortement été questions des mercenaires étrangers. Fustigeant les dernier coups d’Etat en Afrique de l’Ouest, le nouveau président de l’UA, Macky Sall, ne s’est pas étalé sur le sujet.

Mais le Commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité de l’UA, Bankole Adeoye, s’est lui emparé de cette question. Après que l’UA a déploré « l’émergence de ce phénomène nouveau » qu’est le mercenariat. Le Nigérien a affirmé sa volonté d’« exclure complètement les mercenaires de notre continent ».

Pour ce faire, le diplomate demande que les pays membres de l’UA revoient la Convention sur l’élimination du mercenariat en Afrique, adoptée en 1977 à Libreville. « C’est le moment de dépoussiérer ce texte, de l’utiliser de façon concrète », indique-t-il.

Il est clair que la présence du groupe Wagner en Afrique inquiète de plus en plus, une tendance qui pourrait s’intensifier mais que Washington veut contribuer à freiner au nom de la solidarité des pays membres de l’OTAN. Selon les analystes, et au regard des moyens limités dont disposerait Wagner, le renforcement des structures des Africains dans le domaine du renseignement pourrait être la porte d’entrée des USA pour contenir l’influence russe.

Dans plusieurs pays d’Afrique francophone à l’instar du Mali, du Burkina Faso et de la République Centrafricaine, Moscou mène une campagne d’influence de plus en plus active notamment sur les réseaux sociaux et jouit d’un soutien populaire grandissant. Que peuvent réellement les Etats Unis ? Une chose est certaine, le sommet annoncé en Février prochain à Moscou entre la Russie et l’Afrique délivre déjà involontairement son agenda. S’il est clair que les grands absents du sommet États-Unis Afrique à savoir le Mali, la Guinée et le Burkina Faso seront aux premières loges, une question demeure sur la présence à Moscou de ces Chefs d’États qui sont allés pleurer devant Biden se plaignant de Wagner. Just wait and see.

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