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samedi, 22 juin 2024

Ernest Claude Ewoty : « On a le problème de blé qui fait défaillance maintenant. J’invite l’Etat à se pencher sur ce projet qui est non seulement rénovateur, révolutionnaire et qui va perdurer aussi longtemps que le manioc est né.»

Ernest Claude Ewoty, le promoteur de la farine à base de manioc profite du micro de Lacrèmehebdo pour présenter son innovation aux milliers de consommateurs en cette période de crise des produits de grande consommation.

Mr Ernest Claude Ewoty, vous êtes présent pour la première fois lors de ce Marché Témoin Périodique de la MIRAP qui marque le lancement officiel de cette campagne 2022. Quelles sont vos impressions en tant qu’opérateur ?

Effectivement pour moi c’est une première, parce que j’entends parler de la MIRAP, aujourd’hui c’est une opportunité pour moi de venir passer quelques jours avec les organisateurs et le marché périodique qui se passe actuellement ici. On m’a fait comprendre que c’est 03 jours et moi je suis justement là pour présenter mon innovation qui est l’un des produits phares dont-on parle maintenant partout. On parle de la farine qui est faite à base de peau de manioc et je souhaiterais que ceux qui nous écoutent puissent passer voir de leurs propres yeux. Les gens peuvent entendre dire à la radio ou au téléphone, l’important c’est de venir sur le site pour voir de quoi il est effectivement question.

Quels sont les différents produits que vous offrez aux consommateurs ?

Je présente une gamme variée de produits à l’instar de farine à base de peau manioc, les beignets, la bouillie, les gâteaux et bien d’autres produits dérivés de la peau de manioc.

Comment se passe le cheminement avant d’aboutir aux produits finis ?

C’est un long processus parce que pour aboutir à ces produits, il y a un travail énorme à abattre avant d’atteindre ce niveau. Le procédé est le suivant : On a la peau de manioc par exemple, il faut la nettoyer pour enlever la membrane fine après cela on doit laver soigneusement puis on traite. Je mets un accent sur le traitement car celui-ci permet de détruire toute la toxine notamment le cyanure d’hydrogène qui se trouve dans la peau de manioc et ce traitement dure environ 01 mois pour détruire les toxines. Après cela, on sèche ensuite on broie et on peut obtenir notre farine à base de peau de manioc.

La matière première est-elle accessible et dans votre cas comment procédez-vous ?

Quand je suis à Ebolowa, il y a des peaux jeter dans les poubelles. En fait, pour vous dire qu’il y a assez de matière première ; maintenant il faut concentrer toutes les énergies, rassembler des personnes qui quelques fois utilisent le manioc pour faire le tapioca, le water fufu et moi je récupère plutôt la peau de manioc. Il y a beaucoup de personnes qui dans leur quotidien utilisent le manioc et moi je récupère la peau de manioc.

Au regard du travail à abattre, les difficultés sont sans doute légions ?

En effet, les difficultés sont énormes tout d’abord au niveau financier. Vous savez, beaucoup de gens ne savent pas, mais dès lors que les gens ont su que j’utilise la peau de manioc pour mon activité, la plupart de ceux-ci me vendent déjà la peau de manioc. Je suis obligé de faire des mains et des pieds pour avoir un filet de peaux de manioc même si ce dernier n’est pas plein à 300 FCFA par exemple. Il y a certains qui me demande un morceau de savon de 250frs pour récupérer la peau de manioc qu’il jette ou qui a été jetée il y a très longtemps. Lorsque je ne paie pas on va jeter.

Un message à l’endroit de l’Etat pour accompagner votre initiative ?

Merci pour cette question parce que nous faisons face à une difficulté que tout le monde entier connait. On a le problème de blé qui fait défaillance maintenant. J’invite l’Etat à se pencher sur ce projet qui est non seulement rénovateur, révolutionnaire et qui va perdurer aussi longtemps que le manioc est né. Voyez-vous, nous avons des opportunités telles que, lorsque nous allons mettre une unité industrielle sur pied cela permettra tout d’abord que les camerounais aient de l’emploi à la fois directs et indirects. En effet, même dans les 10 régions nous pouvons mettre des succursales pour collecter cette peau. Par ailleurs, nous allons former les gens dans ce domaine pour qu’ils puissent nous renvoyer au niveau d’Ebolowa cette matière première. Je dis donc à l’Etat de se pencher sur cette initiative car j’ai la matière grise, ils ont les moyens que nous fassions un joint-venture pour travailler en synergie. Je cherche des partenaires, je ne vois pas, des appuis mais pourquoi l’Etat peut être insensible à ce niveau. Voilà un projet aussi simple alors je mets mon expertise et vous (Gouvernement) me donner les moyens, un point c’est tout !

On prête à vos produits des vertus thérapeutiques est-ce avéré ? 

Je vais vous surprendre lorsque je finis de faire des résultats d’analyse dans deux laboratoires notamment au Centre Technique d’Analyse (CTA) à Bali (Douala) et le dernier est celui de LANACOME (Laboratoire National de Contrôle de Qualité des Médicaments et d’Expertise NDLR) tout est conforme. Maintenant en ce qui concerne les vertus, je dois vous dire qu’il y en a. Avant les travaux de laboratoire certains me disaient déjà que la peau du manioc contient des fibres, du potassium, du magnésium, le fer, la vitamine C et D. Il est donc clair que la peau de manioc est à la fois aliment et alicament car il est susceptible d’avoir des vertus thérapeutiques mais cette voie n’est pas encore explorée par nous.

 

Interview réalisée par Brice Ngolzok

 

 

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