Certains hauts responsables de la Société Nationale des Hydrocarbures(SNH) et de la Société nationale de raffinage(Sonara) sont soupçonnés d’avoir plongé le Cameroun dans la gadoue en réussissant l’exploit de recevoir des pots-de-vin à hauteur de 07 milliards FCFA de la multinationale Glencore. Objectif, lui permettre de bénéficier d’un certain type de contrats dans l’exploitation des ressources pétrolières du pays. La Commission Nationale Anti-Corruption(Conac) et l’Agence d’investigation financière (Anif) attendues au pied du mur.

 

L’affaire de corruption des Hauts cadres de la Société Nationale des Hydrocarbures et de la Société Nationale de Raffinage fait grands bruits dans les juridictions américaines et britanniques.  En effet, poursuivis depuis plus de 05 ans pour corruption en Afrique notamment au Tchad, Guinée Equatoriale, au Nigeria et au Cameroun entre autres, un avocat de la multinationale Glencore d’après la justice américaine, aurait reconnu la société coupable des faits qui lui sont reprochés. La même affaire fait couler beaucoup d’encre et de salive au Cameroun si bien que certains hommes de droit ont fini par saisir la Commission Nationale Anti-Corruption(Conac).

En effet, ces hauts responsables de la SNH et de la SONARA sont soupçonnés d’avoir perçu plus de 07 milliards FCFA. Une contrepartie qui aurait permis à Glencore de bénéficier d’un type de contrats particuliers et de les conserver dans l’exploitation du pétrole au Cameroun.

Affaire compliquée au Cameroun

Sur les deux sociétés impliquées dans cette affaire de corruption, seule, la SNH est sortie de son silence, d’abord pour nier en bloc ces allégations et ensuite, demander les preuves de cette présomption de corruption et enfin, faire comprendre à l’opinion nationale et internationale qu’elle n’est pas concernée dans cette histoire qui tend à ternir son image et partant, celle du Cameroun. Adolphe Moudiki, Administrateur Directeur général de la SNH dans ce communiqué qui date du 31 mai 2022, a fait savoir qu’au regard du règlement intérieur de la structure dont il a la charge, de telles pratiques sont strictement prohibées.

En attendant que la SONARA donne sa part de version, l’homme de droit camerounais Maître Akere Muna a saisi la Commission Nationale Anti-Corruption(Conac) pour dénoncer les actes d’accusation qui accablent les hauts responsables de la SNH. Situation compliquée puisque, au sein de la Conac, les mandats des membres ici sont dépassés. Selon toute vraisemblance, ils ne sont plus habiletés à gérer ce problème à leur niveau.

Autre point obscur, c’est la gestion des Fonds de la SNH. Selon une source interne, la Société Nationale des Hydrocarbures ne rend compte qu’au Chef de l’Etat sur sa gestion. En plus, ces fonds sont divisés en deux parties, 50% vont dans le trésor public et les autres 50% sont du domaine de la Présidence de la République. Personne ne sait ce que deviennent ces fonds. D’aucuns les appellent, des « fonds de souveraineté qui entre dans la caisse noire de l’Etat. Avec une telle opacité, plusieurs experts financiers estiment qu’il n’y a que Dieu pour éclairer le camerounais ordinaire. D’autres estiment que le problème est tout à fait simple. Il suffit de remonter l’histoire pour savoir quels sont ceux qui étaient aux affaires au moment de ces faits pour avoir l’identité de leurs auteurs.

La tâche pourrait être facile au niveau de la SNH à partir du moment où d’aucuns reconnaissent que l’Administrateur Directeur général de la SNH aurait un titre foncier au regard de sa longévité dans ce poste. Au niveau de la SONARA, la succession des responsables pourrait également aider.

Au-delà de la corruption

L’affaire de corruption des hauts responsables de la SNH et de la SONARA confirme ce que l’écrivain camerounais Bernard Nanga disait : « Avec l’argent, il y a toujours un moyen de rouler un nègre ». Autre chose à comprendre, c’est de savoir dans quelle opacité les affaires de pétrole et d’exploitation des ressources des pays africains sont gérés par certaines personnalités. Plusieurs biens que nantis seraient toujours prêts à œuvrer pour leurs intérêts au détriment de ceux du bas peuple. L’origine de la misère des pays du continent noir se trouve dans ce comportement peu orthodoxe. Certaines multinationales exploitent donc ainsi les diverses ressources naturelles sans que le peuple ne soit informé. Pourtant, Dieu par sa générosité a enrichi l’Afrique pour lui permettre de vivre aisément. Seulement, d’aucuns ont choisi de s’en approprier ou de les gérer comme une épicerie familiale.

 

Jean Baptiste Bidima

 

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici