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dimanche, 16 juin 2024

Culture : Les artistes loin de vivre de leur art au Cameroun

La situation de l’artiste musicien Camerounais n’est pas reluisante ; à croire l’actualité ayant cours dans le pays depuis des lustres. Les plaintes venant de ce secteur ne tarissent point malgré quelques faibles tentatives de régulation de la profession par le gouvernement de Yaoundé.

« Nous avons recensé 16 cas d’artistes malades et 8 décédés qui attendent l’appui du ministère. Pour tous ces cas, il a fallu prendre des mesures d’urgence sur très hautes instructions du Président de la République. Et des aides conséquentes ont été allouées aux différentes familles qui attendent. Des délégations ont, à cet effet, été constituées pour se rendre au chevet des artistes malades et auprès des familles endeuillées. » Ces paroles prononcées en mars 2020 par Armand Abanda Maye, Directeur du développement et de la promotion des arts au Ministère des Arts et de la Culture à l’occasion de la cérémonie de présentation de la nouvelle nomenclature du compte d’affection spéciale et d’intervention d’urgence élude clairement la situation de l’artiste Camerounais : Un éternel assisté.

Depuis le 14 juin 2022, une alerte a été lancée par la journaliste Cathy Yago : « Une évacuation sanitaire pour Ekambi Brillant dont l’état de santé est plus que préoccupante.  Selon des médecins, l’artiste qui a jusqu’ici assuré les frais relatifs à ses soins souffre de pathologies dont la prise en charge sera plus efficace dans un hôpital occidental de référence par exemple.  Ekambi Brillant c’est notre fierté.

Il faut faire quelque chose pour que cette étoile continue à briller.  Respectons les gens qui ont vécu », peut-on lire dans l’une de ses récentes publications sur Facebook. La rumeur fait état d’un autre cas qui nécessite une intervention en urgence. Des cas comme ceux-ci sont monnaie courant dans le milieu artistique Camerounais. Toute chose qui laisse transparaitre dans cette profession.

Le nœud du problème

Il faut reconnaitre que comme certaines professions, le métier d’artiste musicien au Cameroun se heurte à de nombreuses difficultés. A la lumière des nouvelles technologies de l’information et de la communication, le phénomène de piratage audiovisuel a pris du poil de la bête. L’achat des disques originaux a considérablement diminué avec la préférence de plus en plus poussée vers des versions numériques. L’on observe aussi un manque de solidarité des acteurs de cette profession qui ne s’accorde pas autour d’une corporation solide capable de protéger leurs droits.

Droit d’auteur et droits voisins : Un véritable serpent de mer

Pourtant supposé garantir les revenus des artistes en compensation à l’utilisation de leurs productions, la notion de droit d’auteur pourtant supposé garantir les revenus des artistes en compensation à l’utilisation de leurs productions, la notion de droit d’auteur et droits voisins au Cameroun restent dans une zone trouble. Entre changement d’organe, de dirigeants véreux et autres tares, les artistes n’en tirent jusqu’ici aucun véritable profit malgré les multiples interventions du Ministre des Arts et de la Culture.

Le 19 janvier 2022, le Ministre des Arts et de la Culture, Pierre Ismaël Bidoung Mkpatt avait une fois de plus réuni les responsables des 5 organismes de gestion collective, répartis dans les catégories de l’art musical (SONACAM), de la Littérature et des arts dramatiques (SCILADRA), des arts visuels et photographiques (scaap), des arts plastiques et graphiques (socadap) et des droits voisins (scvd). Cette réunion qui avait pour objectif de sommer les responsables de ces organismes de garantir une bonne répartition des revenus aux artistes affiliés a accouché d’une souris car la situation est restée quasiment stable.

A la lecture de certains événements, il ne fait l’ombre d’aucun doute que le malheur des artistes provient d’eux-mêmes. Manque de solidarité et de sérieux dans le secteur. En effet depuis la mise sur pied du compte unique par le Gouvernement dans l’optique de recourir et sécuriser les droits d’auteur, aucune suite n’a été faite.

A côté de ce nid de problème, il faut aussi souligner que la musique Camerounaise en elle-même a pris un coup parlant de sa valeur avec l’émergence de nouveau rythme qui font de plus en plus l’éloge des dessous de ceinture au lieu de sensibiliser et de changer.

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