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dimanche, 16 juin 2024

Cameroun-Entrepreneuriat jeune : Paul BIYA invite les jeunes à l’auto-emploi

C’était lors de son message à la jeunesse camerounaise prononcé le 10 février 2023 à l’occasion de la célébration de la 57è édition de la fête nationale a elle consacrée le 11 février dernier sous le thème : “Jeunesse, réarmement moral, civique et entrepreneurial, gage de l’édification d’un Cameroun Uni et prospère”.

C’est l’un des angles forts du discours du président de la République du Cameroun à la jeunesse ce 10 février 2023. Dans un contexte marqué par un taux de chômage assez élevé en milieu jeune, le Chef de l’Etat n’a pas trouvé mieux que d’inviter la jeunesse camerounaise à se tourner vers l’auto-emploi : « Il est évident que ni l’Etat, ni les entreprises existantes du secteur privé, ne peuvent à eux seuls absorber le volume de jeunes issus chaque année du système éducatif classique. C’est pour cette raison que je vous demande, une fois de plus, de vous tourner vers l’auto-emploi, en saisissant les opportunités qui s’offrent à vous dans les domaines tels que l’agriculture, l’artisanat ou l’économie numérique ».

Pour Paul BIYA, c’est l’une des voies les plus indiquées pour résorber le chômage des jeunes. Dans un pays où les jeunes de 15 à 34 ans représentent plus d’un tiers des habitants et sont trois fois plus atteints par le chômage que les autres catégories de la population, Ce chômage est masqué par un sous-emploi qui touche plus de 76% des actifs occupés. 90% des emplois sont essentiellement précaires. Résultat : 70% des jeunes en sous-emploi. La création d’entreprise apparaît comme une solution possible.

Quels moyens disposent l’Etat pour encourager les jeunes dans l’auto-emploi ?
Demander aux jeunes de se lancer dans l’auto-emploi est assurément une solution pour les sortir du chômage. Mais seulement faut-il encore que ces jeunes disposent non seulement de moyens nécessaires mais d’outils d’accompagnement dans la création pour la conduite de leurs projets d’entreprise. Parmi les secteurs évoqués par le Chef de l’Etat, figure au premier rang l’agriculture. L’agriculture du Cameroun est la principale source de croissance et de devises du pays après le pétrole.

En 2004, l’agriculture représentait 44 % du PIB. L’activité agricole est la principale occupation pour 62 % de la population active au Cameroun en 2013. Cependant, il y a des obstacles naturels et techniques. Ensuite le chômage des jeunes diplômés. Parmi les structures mises sur pied par le gouvernement afin d’intéresser les jeunes à l’agriculture, l’on peut citer le PEA-JEUNES.

Le Programme de Promotion de l’Entreprenariat Agropastoral des jeunes (PEA-Jeunes) est un instrument que l’Etat du Cameroun avec l’appui technique et financier du Fonds International de Développement Agricole (FIDA), a mis en place dans l’optique de donner aux jeunes hommes et femmes, les moyens d’accroître leurs revenus et d’améliorer leur sécurité alimentaire. Ce, à travers des entreprises rentables, intégrées dans les filières agropastorales porteuses le long de la chaine des valeurs, et offrant des opportunités d’emplois viables. Il s’agit là d’une réponse concrète que le gouvernement camerounais apporte à l’endroit des besoins et des préoccupations des jeunes, dans un secteur à fort potentiel de croissance que constitue le secteur agropastoral.

Le PEA-Jeunes vise à soutenir le développement d’entreprises rentables gérées par les jeunes hommes et femmes, dans les filières agro pastorales porteuses, pour contribuer au développement d’une agriculture performante, lutter contre la pauvreté rurale et améliorer la sécurité alimentaire.

Le programme vise les jeunes hommes et femmes âgés de 18 à 35 ans ayant déjà investis ou non dans les activités agropastorales mais porteurs de projets individuels ou collectifs de création ou de développement de PME (Très Petites Entreprises – TPE et des Petites Entreprises – PE) dans le secteur agricole, et pastoral.

Le PEA-Jeunes concentre ses interventions sur les quatre régions : le Centre, le Sud, le Littoral et le Nord-Ouest, elles sont basées sur une entrée par le bassin de production.
Mais des goulots d’étranglement persistent quant aux procédures fiscales et autres impôts Selon une enquête menée en 2016 par l’Institut National de la Statistique (INS), le premier obstacle cité par les opérateurs économiques est la fiscalité qui récolte 53,5% d’opinions, suivie par les formalités administratives et tracasseries avec les agents de la mairie ou de la communauté urbaine (34,2%). Les problèmes de financement (accès au crédit, coût de financement) sont également pointés du doigt (30,7%). Il en va de même des débouchés (18,1%), la corruption (18,1%), l’insuffisance de l’énergie et de l’eau (17,4%).

« La présentation de la fiscalité comme obstacle à l’entrepreneuriat peut être mise en relation avec la politique volontariste axée notamment sur l’élargissement de l’assiette fiscale. A titre d’illustration, l’on citera, outre les mesures administratives d’un meilleur recouvrement, le cas de la taxe foncière et la rationalisation des droits d’enregistrement », indique l’INS.

A l’analyse, la typologie des obstacles auxquels font face les opérateurs économiques au Cameroun s’est modifiée au fil des années. En effet, indique l’INS, bien que les préoccupations d’ordre fiscal restent importantes en 2016, il y a lieu de noter qu’elles se sont atténuées par rapport à 2009 où près de 59% de chefs d’entreprise étaient concernés contre 53,5% en 2016.

Il faut que le gouvernement s’y penche pour réduire ces préoccupations d’ordre fiscal et permettre aux jeunes de répondre à l’appel du chef de l’Etat.

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