Les militaires au pouvoir au Mali sont sur le point d’atteindre leur objectif de libérer le pays des mains de la domination française. L’avant-dernière étape du départ définitif des forces françaises a été franchie lundi 13 juin 2022 avec la remise officielle des clés de la base militaire de Ménaka à l’armée malienne

Petit à petit, l’oiseau fait son nid, a-t-on coutume de dire. Les militaires au pouvoir au Mali ont réussi l’exploit inédit le lundi 13 juin 2022 en achevant l’avant-dernière de leur volonté de voir les soldats français quitter le territoire malien.  D’après certaines populations de Yaoundé, le Colonel Assimi Goïta réalise un rêve qui anime les nuits de plusieurs Chefs d’Etats africains incapables de se prononcer sur l’emprise française de leur territoire.

En effet, selon le pouvoir de Paris, les forces françaises vont définitivement quitter le Mali à la fin de l’été. La remise des clés de la base militaire de Ménaka est une étape déterminante de ce retrait des français qui lie leur départ à une supposée arrivée des mercenaires russes de Wagner au Mali. La cérémonie de remise des clés de cette base à l’armée malienne est saluée par la majorité des maliens vivant à Yaoundé.

Ouverte en 2018 dans le nord-est du Mali, la base de Ménaka dont il est question, a vu l’arrivée de près de 850 soldats français voire de l’Union Européenne. Ils avaient pour but au départ de lutter activement contre le terrorisme dans la zone du G5 Sahel. Seulement, selon certaines indiscrétions, cette mission a été entachée de beaucoup de dérives. La situation décriée a connu une autre tournure avec la prise de pouvoir des militaires. Plusieurs experts des questions politiques estiment que le Mali a des potentialités qui peuvent lui permettre de prendre sa sécurité en charge que de se laisser malmener par une force étrangère au service des intérêts de sa métropole.

Les prémices d’une rupture

Avec la prise de pouvoir du Colonel Assimi Goïta, les données ont rapidement changé. Malgré la pression et les sanctions de la CEDEAO, le pouvoir de transition à Bamako n’a pas fléchi. L’on a noté très rapidement sa volonté de rendre le pays autonome en se séparant des forces françaises. La décision qui s’en est suivie a été acceptée par le président Emmanuel Macron. Chose qui n’a pas été digérée par les médias français qui avaient interprété ce geste comme un aveu d’échec du pouvoir de Paris.

Quelques temps après, c’était au tour des médias français de connaître une suspension de diffusion sur le territoire malien. Sur place au pays, l’on justifiait cette mesure par une volonté de désinformation et de propagation de fausses nouvelles par ces médias.  Cas pratique des mercenaires russes de Wagner. Dans cette affaire, les forces françaises ont été accusées d’espionnage et de mensonge monté de toutes pièces.

La rupture des liens de coopération militaire entre les deux pays s’est confirmée et entérinée avec cette avant-dernière étape de remise des clés de la base de Ménaka. Il ne restait plus que près d’une centaine de soldats français dans cette emprise de l’opération Barkhane dans la zone des 03 frontières. Selon Paris et l’état-major malien, cette avant-dernière étape du processus de retrait des forces françaises a connu un succès sans faille. Reste donc à espérer que la dernière étape qui est le départ définitif de ces militaires français aura bel et bien lieu dans le strict respect sécuritaire.

 

Jean Baptiste Bidima

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