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jeudi, 13 juin 2024

Discours de haine : Un fléau social aux origines établies, un combat de tous

Depuis quelques mois un phénomène social tend à s’installer progressivement dans la société camerounaise. Il s’agit du discours de haine et du tribalisme. Un mal dont les origines dans un pays comme le Cameroun, sont difficilement identifiables au regard de la complexité ethnique et linguistique de sa population.

 

Dans le langage courant, le « discours de haine » désigne un discours injurieux visant un groupe ou un individu sur la base de caractéristiques intrinsèques (telles que la race, la religion ou le genre) et pouvant menacer la paix sociale. C’est certainement pour garantir la paix sociale et l’unité du peuple que le gouvernement à travers le ministre de l’administration territoriale Paul Atanga Nji est sorti de son silence pour rappeler à l’ordre les orchestrateurs de cet ennemi de la paix en présentant des sanctions pénales et pécuniaires encourues par toute personne reconnue coupable de propos haineux et ou tribaux.

Mais au delà de toutes ces mesures saluées par les mendiants de la paix, il faut peut-être mettre sur la table les fondements d’un sentiment de rejet ressenti par une bonne franche de la population bien que cela ne puisse aucunement justifier encore moins légitimer une certaine haine. Dans une interview accordée à notre rédaction et s’exprimant ouvertement sur la question, l’homme politique Jean Bahebeck connu pour son caractère prolixe, a pointé Un doigt accusateur à un membre du gouvernement le qualifiant lui et sa bande constituée de deux autres personnes, comme principaux précurseurs du tribalisme et du discours de haine au Cameroun.

Mais ce sentiment de rejet dont nous parlions tire sa source des frustrations nées d’une injustice qui peut être perçue comme telle par une classe de la société qui se dit marginalisée, oubliée et inconsidérée dans la répartition des richesses nationales, le rejet de certaines candidatures à des postes de responsabilité ou à un simple emploi du fait de sa tribu, les passations de marché à tête chercheuse, pour ne citer que cela. Des frustrations qui peuvent inciter un certain discours de haine, un tribalisme généralisé même aux âmes innocentes. Le pluralisme linguistique et culturelle du Cameroun ne permet pas d’établir avec exactitude le nombre d’ethnies que compte le pays, mais on le situe entre 240 et 250 le nombre d’ethnies qui s’exprimeraient au Cameroun.

Le chantier est vaste et l’urgence d’une moralisation de la société à partir du sommet s’impose. On avait parlé il y a prêt de 40 ans de rigueur et de moralisation. C’est la condition sine qua none pour la construction d’une société sans haine ni tribalisme encore que nul oui bien nul ne peut se dire innocent. Chacun a à un moment de sa vie prononcer cette fameuse phrase. Ces Bamilikés là, ces Etons là, ces bassa là, ces bulu là, etc…
Ces propos sont haineux et même tribalistes. C’est notre devoir à tous d’ériger cela en combat, un combat pour la paix l’unité dans la diversité.

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